Quiconque veut, de nos jours, trouver un travail, doit satisfaire aux exigences implacables de l'économie.
Le travail est à la fois source de revenus, moyen d'intégration, norme sociale et élément essentiel pour se réaliser. Peut-il et doit-il avoir le même sens pour les personnes avec un handicap? Catherine Corbaz, économiste de formation, partage ses réflexions sur ce sujet. Elle montre aussi que la précarisation des conditions d'emploi et son utilisation comme argument politique conduisent à une impasse et appelle à un changement de modèle social.
Six ans, c'est le laps de temps durant lequel Robert Joosten a travaillé dans le marché primaire du travail. Âgé de 38 ans, ce docteur en mathématiques touche depuis une dizaine d'années une rente AI à 100 %. Salarié AI, il travaille à 50 % comme webmaster au GRAAP. Il se considère aujourd'hui comme partiellement réintégré professionnellement.
Les employeurs doivent engager des personnes handicapées et leur permettre de faire leurs preuves dans le monde du travail. Ils devraient leur faire confiance. L'envoi d'innombrables lettres de candidature durant mon parcours professionnel m'a pourtant montré qu'il est, à notre époque mouvementée, très difficile pour une personne handicapée de rester intégrée professionnellement.
En 2001, j'ai perdu mon emploi de typographe. A l'époque, j'avais 34 ans et j'ai dû reconsidérer mon avenir professionnel en tenant compte d'une maladie évolutive. Les années suivantes, j'ai réfléchi à plusieurs reprises au sens du travail dans ma vie.
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